LA FABRICATION D'UN MALT
"RICHE EN AMYLASE"

document 04b - bamisagora.org

révision 28 avril 2011

            * Le malt désigne le produit obtenu par germination et séchage d’une céréale.
            * Le malt contient essentiellement des amylases et des dextrines-maltoses.
            * Le malt ne contient pas d’alcool.

            Les indications proposées ici pour la fabrication du malt de sorgho ou de maïs sont proches des méthodes traditionnelles utilisées lors de la première étape de préparation les bières locales. Cependant, en raison des exigences d’hygiène et de richesse en amylases du malt utilisé pour liquéfier les bouillies, il est préférable que ce malt soit fabriqué par les ateliers BAMiSA eux-mêmes.

1. OBJECTIF

            L’objectif est d’obtenir un malt de bonne qualité c'est-à-dire : très riche en amylases, et propre.

  • Le malt sera riche en amylases si un maximum de grains germent bien et germent  vite.

Chaque variété de grains a ses caractéristiques, notamment pour la durée optimale de germination qui peut aller de 2 à 6 jours. A chacun de trouver les grains qui donneront le meilleur malt. A chacun de trouver la meilleure méthode de maltage en fonction des conditions de l’installation, du climat, de la saison.

  • Le malt sera propre si toutes les manipulations sont faites avec une attention particulière à l’hygiène. Les mesures d’hygiène générale reposent sur :

- le lavage des mains au savon,
- la réduction des manipulations manuelles,
- l’utilisation d’eau potable ou javellisée pour le lavage, le trempage et l’arrosage des grains,
- le nettoyage soigneux des ustensiles et des surfaces de travail au contact des grains (savon et eau de Javel).
- Veiller également à garder les grains pendant leur germination et leur séchage, à l’abri des insectes (mouches…), des animaux (margouillats, poulets…) et de la poussière.

2. ASPECT CULTUREL

            Certaines coutumes associent le malt à la bière locale. Le malt est alors considéré comme interdit à la consommation. Or le malt, pas plus que le grain dont il est issu, ne contient d’alcool. Ceci doit être expliqué aux mères et à leurs maris.
            Dans certaines situations d’incompréhension trop forte, les UPA peuvent proposer du malt préparé avec une céréale qui n’est pas utilisée pour la préparation de la bière locale. Par exemple : préparer du malt de maïs ou de petit mil si la bière locale est préparée avec du sorgho rouge. Ceci peut permettre d’éviter le refus culturel à l’utilisation du malt.

3. QUANTITÉ DE MALT À PRÉPARER

            La quantité de malt à joindre à chaque sachet de 500g de farine est de 8 à 10g.
            Pour 25 Kg de farine (50 sachets de 500g de farine), il faut préparer environ 500 grammes de malt.
            Pour préparer ces 500g de malt, faire germer environ 1 Kg de grains.
            Le  malt sera conditionné soit en 50 petites pochettes de 8 à 10 g placées à la partie supérieure des sachets de farine, soit, directement, entre deux soudures au sommet du sachet.
            Eviter de préparer de grande quantité de malt d’avance (ou le conserver au sec et au frais, si possible au réfrigérateur).

4. LES 5 ÉTAPES DE LA PRODUCTION D’UN MALT DE BONNE QUALITÉ

Ce tableau reprend celui du document 3.c  « la fabrication de la farine BAMiSA en UPA ».

1 – PREPARATION DES GRAINS

Bien choisir les grains
Toutes les céréales peuvent être utilisées, sorgho, petit mil, maïs, riz paddy, blé…

Le sorgho et le maïs sont les céréales les plus communément utilisées.
Utiliser des grains

- bien mûrs,
- de la dernière récolte,
- conservés dans de bonnes conditions.

- Choisir une variété de grains qui donne habituellement de bons malts.
- Le maïs germe plus lentement mais est plus facile à trier.
- Les petits grains immatures, les grains abîmés… germeront mal et ne fourniront pas de malt.

Tamiser si possible

L’élimination de la poussière, du sable, des petits grains peu mûrs, des insectes...

- élimine les très petits grains immatures

Trier

Trier si besoin les grains de maïs cassés, percés, moisis…

…pour éviter l’aflatoxine sur maïs en zone humide

Laver

Eliminer soigneusement tout ce qui   flotte, le sable, les graviers…. Finir par un trempage d’¼ d’heure dans de l’eau Javellisée (3 bouchons par litre).

Le lavage pour le malt devra être plus soigné que pour la farine car il ne sera pas grillé.

 

2 – TREMPAGE

Faire tremper,

Faire tremper les grains au frais jusqu’à ce qu’ils soient bien gonflés d’eau, ce qui peut demander jusqu’à 12 à 18 heures.
Changer l’eau de trempage 2 à 4 fois.
Utiliser de l’eau potable ou légèrement javellisée

Changer l’eau, utiliser de l’eau javellisée permet d’éviter la fermentation lactique (acide) qui tue les grains.

 

3 – GERMINATION

 

Mettre à germer,

Mettre à germer à température élevée (25 à 35°C), à  l’abri du soleil et du vent.
- soit en couche de 2 à 4 centimètres d’épaisseur, sur un grand plat, un plan légèrement incliné…
- soit dans un panier.
Couvrir pour éviter dessèchement, refroidissement et verdissement.

Pour ne pas ralentir la germination, couvrir et maintenir dans un endroit en permanence assez chaud, en particulier quand les nuits sont froides et sèches.
Les grains doivent être un peu aérés pour bien germer

 

Maintenir humide …

Par arrosages fréquents
Ou, mieux,  par immersion de quelques minutes, plusieurs fois par jour.
Utiliser de l’eau potable ou légèrement javellisée

Veiller à ce que les grains soient toujours bien humides, en particulier par temps sec.
L’évaporation fait baisser beaucoup la température !

….jusqu’à ce que les germes se soient bien développés.

Laisser germer de façon à obtenir  des germes d’environ 2 à 3 cm.
(3 à 4 jours pour le sorgho, et 5 jours pour le maïs).
Eliminer si possible les grains moisis ou non germés.

Le malt est riche en amylases si la plupart des grains germent.
Il faut, de plus, que cette germination soit rapide et donne des germes longs.

Laver . . .

Laver les grains germés à l’eau potable ou à l’eau javellisée.

Eau Javellisée 3 bouchons / litre.

. . . puis
égoutter

Les égoutter

 

 

4 – SECHAGE, STOCKAGE

 

Faire sécher les grains germés
 le plus
rapidement et complètement possible

Pour obtenir rapidement un bon séchage :
- Préparer une surface de séchage bien exposée au soleil et soigneusement lavée (au savon et/ou à l’eau javellisée).
- Etaler sans superposition les grains germés,
- Les disperser de temps en temps, sans y mettre les mains.
- N.B. en zone très humide ou en période de pluies une pièce chaude, bien ventilée, un séchoir solaire ou un séchoir chauffé sont parfois mieux adaptés.

 

La rapidité et les conditions d’hygiène du séchage déterminent la qualité bactériologique du malt. Prévoir une protection contre les insectes et les animaux.

Pour qu’il se conserve bien, le malt doit  être très sec.

Si la germination n’est pas bonne, prélever les grains germés à la fourchette de façon à laisser tomber les grains qui n’auraient pas germé.

 

Les stocker

Si les grains germés ne sont pas moulus immédiatement, les stocker provisoirement à l’abri des insectes, de l’humidité et de la chaleur.

Les amylases du malt se conservent dans un endroit sec, frais ou froid.

 

5 – MOUTURE, TAMISAGE, TEST, CONDITIONNEMENT.

 

Les moudre

Moudre finement les grains, avec ou sans leurs germes. (Cf. Document 4.d.)                                                             

Veiller à ce que le moulin soit parfaitement propre.
Pour les petites quantités, l’usage d’un mortier bien lavé et séché peut être plus  pratique.

Puis tamiser

Utiliser un tamis très propre à mailles fines pour obtenir du malt tamisé, sans son.

Effectuer mouture et tamisage du malt au moment le plus sec de la journée pour ne pas qu’il s’humidifie.

Tester

Vérifier que le malt a un fort pouvoir de liquéfaction

Voir ci-dessous  5.

 

Conditionner

* Soit mettre directement le malt dans le compartiment au dessus de la première soudure, et ressouder.
* Soit conditionner le malt dans une pochette dans le compartiment supérieur du sachet de farine.

mettre deux cuillerées à café de malt (8 à 10 g de malt) par 500 gr  de farine.

Fabrication d’un malt de bonne qualité

5. COMMENT TESTER LA QUALITÉ AMYLASIQUE DU MALT

            La qualité amylasique du malt doit être testée avant d’être conditionné.
            Ce test reproduit les conditions d’utilisation par les mères : 3 pincées de malt (0,5 à 1g), mélangées dans 200 ml de bouillie BAMiSA chaude (entre 75 et 70°C) préparée selon la recette 1 volume de farine pour 2 volumes d’eau. (« Recette 1-2-3 » des bouillies BAMiSA) On doit ainsi obtenir la liquéfaction de la bouillie, en quelques minutes. Si le malt ne liquéfie pas suffisamment la bouillie, il faudra préparer à nouveau du malt après relecture des indications ci-dessus.
            La difficulté de liquéfaction est parfois due à des variations de nature des amidons qui peuvent être plus ou moins sensibles à l’action des amylases. (Cf. Document 4.d.) 
            La qualité amylasique du malt  sera mesurée lors de l’expertise du sachet. (Cf. Document 3.f.)

 

Documentation

Bouillie Amylasée de Mil, Soja, Arachide
www.bamisagora.org

Association pour la Promotion du Projet BAMISA
Siège social APPB :
Mairie de Caudebec En Caux
Avenue Winston Churchill
76490 CAUDEBEC-EN-CAUX
FRANCE

François. Laurent

 

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