LES "MAQUIS BÉBÉS BAMISA"

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document 7b - bamisagora.org

révision mars 2011

 

Le terme « maquis » est propre au Burkina Faso. Il désigne un lieu de restauration populaire. Le terme « Maquis Bébés BAMiSA » définit un lieu de restauration infantile et d’éducation nutritionnelle ayant des caractéristiques précises : Les bouillies BAMiSA y sont préparées sur place à un prix accessible pour les familles. Un terme équivalent pour désigner ce type de restauration peut être choisi dans d’autres pays.

Les Maquis Bébés BAMiSA sont à la fois :

  1. Un lieu de restauration infantile sous forme de vente et / ou de distribution de bouillies de très bonne qualité, où des mères de « nourrissons et jeunes enfants », peuvent trouver un début de réponse à la malnutrition ou au risque de malnutrition de leurs enfants.
  2. Une contribution à la sécurité alimentaire infantile du fait de leur accessibilité économique et géographique.
  3. Un lieu d’éducation nutritionnelle et d’apprentissage pratique de la préparation de bouillies de haute « densité énergétique » pour les enfants à partir de 6 mois, avec usage des amylases localespour liquéfier les bouillies chaudes épaisses.
  4. Une occasion d’aborder d’autres thèmes fondamentaux d’éducation nutritionnelle, en particulier les bonnes pratiques de l’allaitement maternel.
  5. Un lieu de veille et de mise en lien avec les services de santé pour les enfants isolés ou les plus fragiles : pesées, carnets de vaccination non à jour, repérage des enfants maigres et/ou anémiés......

  Les Maquis Bébé BAMiSA constituent une proposition efficace de lutte contre la malnutrition infantile, grâce l’aide alimentaire et à l’éducation nutritionnelle. Ce document donne les éléments permettant aux associations de mettre en place des « Maquis Bébés » adaptés aux contextes locaux.

  1. Caractéristiques des Maquis Bébés BAMiSA

    1.1   Aspect nutritionnel : 

    Les Maquis Bébés mettent à la disposition des enfants et de leur mère un aliment de haute valeur protéino-énergétique ‘‘prêt à consommer sur place’’.  La consommation quotidienne de bouillies de bonne qualité nutritionnelle est un moyen efficace pour améliorer l’état nutritionnel des enfants et prévenir la malnutrition. (Cf. témoignage)

    La bouillie BAMiSA est une alternative aux bouillies traditionnelles préparées à domicile par les mères, ou aux bouillies vendues dans la rue ou sur le marché. La plupart de ces bouillies traditionnelles sont, en effet, de qualité nutritionnelle très insuffisante en particulier en ce qui concerne leur valeur énergétique, située autour de 30 kilocalories par 100 ml au lieu des 80 à 120 kilocalories par 100 ml recommandées par l’OMS-UNICEF. La « recette  BAMiSA 1-2-3 » avec liquéfaction de la bouillie épaisse et chaude par une amylase, permet d’atteindre les valeursrecommandées.

    La cuisson très rapide de la bouillie BAMiSA (grâce au grillage des ingrédients) et sa liquéfaction permettent qu’elle soit consommée en totalité. Trop souvent, la longue cuisson des bouillies entraîne des pertes, parfois importantes, une partie de la bouillie restant collée au fond de la marmite.

    Une bouillie BAMiSA a, par définition, un volume de 200 ml.

    Pour avoir un impact sur l’état nutritionnel des enfants, la consommation de bouillies type BAMiSA doit être régulière. Dans les Maquis Bébés, la bouillie BAMiSA sera vendue ou distribuée, si possible tous les jours. La consommation se fera sur place pour éviter que les mamans n’emportent la bouillie à la maison et nela partage avec d’autres enfants. (Des exceptions sont bien sûr possibles).

    1.2   Aspect éducation : 

    Les Maquis Bébés ont pour objectif de prévenir la malnutrition tant dans l’immédiat que sur le long terme en faisant connaître la nécessité d’apporter à l’enfant, à partir de 6 mois, un aliment de bonne qualité en complément à l’allaitement maternel : ici la bouillie BAMiSA.

    La mise à disposition de bouillie s’accompagne de conseils aux mères pour qu’elles améliorent aussi, chez elles, l’alimentation de leurs enfants : encouragement à bien pratiquer l’allaitement maternel, préparation de bouillies avec amylases, préparation de bouillies composées (céréales + légumineuses + matières grasses) avec les ingrédients disponibles, diversification alimentaire, connaissance des catégories d’aliments, utilisation des sources locales de micronutriments.

    L’originalité de cette éducation repose sur la façon d’obtenir des bouillies de valeur énergétique égale ou supérieure à 120 Kcal/100ml en préparant les bouillies selon la « Recette BAMiSA 1–2–3 » : « 1 volume de farine, 2 volumes d’eau, 3 pincées de malt ». Soit une valeur énergétique 3 ou 4 fois supérieure à celles des bouillies habituelles. L’utilisation d’amylases dans la bouillie, un des points clés de l’éducation nutritionnelle, sera particulièrement expliquée et pratiquée devant les mamans.

    La meilleure façon de faire pour que les mères s’approprient la recette de bouillie, c’est qu’elles expérimentent elles-mêmes le respect des proportions farine-eau (1-2) et la liquéfaction par une des amylases disponibles localement. Le but ultime de ces séances d’éducation nutritionnelle est en effet que la « Recette 1-2-3 » soit également utilisée à domicile, même avec les farines traditionnelles.

    L’éducation nutritionnelle dans les Maquis Bébés peut se faire de plusieurs façons. En voici trois exemples parmi d’autres : 

    • Lors de la première séance de démonstration, c’est l’animatrice qui prépare et liquéfie la bouillie pour tous les enfants présents. Lors des séances suivantes, les mamans elles-mêmes pourront préparer la bouillie.

    • Il est peut être plus pédagogique de préparer collectivementla bouillie épaisse et de la distribuer chaude. Chaque maman étant alors invitée à mettre elle-même trois pincées de malt dans la bouillie de son enfant, avec des doigts bien propres. La liquéfaction avec la cuillère humectée de salive maternelle et/ou l’addition d’un peu de lait maternel seront aussi proposées comme sources d’amylase disponibles.

    • La démonstration peut aussi être individuelle, comme ferait la maman à domicile avec son enfant. Cela permet de montrer réellement la quantité de farine (un verre) et d’eau (deux verres), la facilité et la rapidité de préparation d’une bouillie BAMiSA.

    Ces différentes façons de faire passer le message « 1-2-3 » peuvent, bien sûr, être utilisés au cours de différentes séances et être adaptées aux circonstances. Cela permet de varier les démonstrations en gardant le message principal.

    L’éducation nutritionnelle est, à long terme, le moyen le plus efficace pour lutter contre la malnutrition. Il est également important de faire participer les parents au projet-santé de leur enfant, de les responsabiliser et de les inciter à amener d'autres parents et enfants.

    Pour accentuer l’intérêt du malt, le maquis bébé peut être un lieu de distribution ou de vente de malt, afin que les mères puissent préparer des bouillies amylasées à domicile. La possibilité d’utiliser du malt fait dans le quartier pour préparer la bière locale peut également être valorisée.

    Note n°1 : L’usage de malt préparé à partir de sorgho rouge fait parfois l’objet de refus pour des raisons culturelles. Dans ce cas il y a lieu d’utiliser des malts issus de la germination d’autres céréales ne servant pas à la préparation de bières locales : maïs, petit mil, sorgho blanc, riz paddy, blé.

    Note n°2 : Certains programmes développent des Maquis Bébés avec des farines additionnées d’amylases industrielles. L’usage de telles farines limite ces programmes à l’aspect aide alimentaire et ne leur permet pas de développer un aspect important d’éducation nutritionnelle. En effet, les mères ne voient pas le mécanisme qui permet aux bouillies de devenir liquides et elles ne peuvent pas reproduire cette liquéfaction à domicile. Les Maquis Bébés qui souhaitent faire de l’éducation nutritionnelle devraient utiliser des farines composées avec du malt joint, comme la farine BAMiSA.

    1.3   Aspect Santé Publique

    Sans être des annexes des structures de Santé, certains Maquis Bébés pourront être considérés comme des lieux d’activités para-médicales, puisqu’ils permettent d’améliorer le suivi nutritionnel des enfants. En effet, les Maquis Bébés incitent les mères à prêter attention au poids de leurs enfants au-delà de la période de vaccination et peuvent, ainsi, les sensibiliser aux risques de la malnutrition. Pour cela, une ou plusieurs fois par mois, le Maquis Bébés peut organiser sur place une séance de pesée en présence d’un agent de santé. L’animatrice peut aussi demander à la maman d’aller faire peser son enfant au Centre de santé le plus proche.

    La mise en place d’un Maquis Bébés se fera donc en concertation avec les responsables et acteurs locaux de la Santé.

    Les Maquis Bébés peuvent être des lieux de dépistage d’enfants plus ou moins sévèrement malnutris ou anémiés. Les enfants qui en présentent des signes, devront être dirigés si possible vers une structure médicale ou vers un CREN pour bénéficier de soins médicaux, sans être exclus du Maquis Bébés.

    Un agent de santé peut être amené à superviser les activités des Maquis Bébés, en particulier lors de l’enregistrement de l’identité, de l’âge et du poids de l’enfant. Ce travail peut être délégué à une femme du Maquis Bébés.

    1.4   Aspect Social

    Un Maquis Bébés est ouvert à tous les enfants du lieu où il se tient. Cependant, pour des raisons de budget, le public et le lieu d’implantation des Maquis Bébés sera à définir en concertation avec les différents intervenants. Il s’agit en effet d’une alimentation subventionnée et à ce titre faisant l’objet d’un minimum de suivi.

    Les Maquis Bébés s’adressent plus particulièrement aux enfants âgés de 6 mois à 2 ans, âge où les enfants sont à risque élevé de malnutrition.

    Une des causes majeures de malnutrition étant souvent la faiblesse des ressources familiales, les Maquis Bébés doivent être accessibles en priorité aux familles en difficultés pour lesquelles les Services sociaux peuvent être consultés. A titre indicatif, les bouillies Bamisa seront vendues pour un même volume, au même prix que les « bouillies du marché ». A titre promotionnel et pour faire venir les mères, la bouillie pourrait être gratuite la première fois ou une fois par semaine.

  2.     Mise en oeuvre d’un Maquis Bébés BAMiSA

    Le Maquis Bébés est conçu comme une « structure légère » permettant une gestion locale, au moindre coût. Dans cet esprit, l’existence de multiples petits Maquis Bébés proches des populations, même éphémères, sera probablement plus efficace que la mise en place de quelques gros Maquis Bébés centralisés, en « dur », difficiles à mettre en place, à gérer et à pérenniser.

    La mise en œuvre d’un Maquis Bébés nécessite un minimum de démarches administratives et quelques moyens humains et matériels. Devront être organisés :

    • Une prise de contact avec les autorités locales de santé et avec les services sociaux.

    • Le choix de l’emplacement géographique et des horaires.

    • La constitution d’un groupe d’animatrices motivées.

    • L’emprunt ou l’acquisition du petit matériel nécessaire aux préparations / démonstrations / distributions des bouillies.

    • L’emprunt ou acquisition de matériel pour la pesée des enfants.

    • Un lieu d’approvisionnement en farine BAMiSA et en malt.

    • Les modalités de fonctionnement.

    • Les modalités de supervision.

    • Les modalités de financement.

    2.1          Les autorités locales de Santé et d’Action Sociale

    Les autorités locales de Santé et d’Action Sociale seront les premières à être consultées afin de juger avec elles de la pertinence de la mise en place de Maquis Bébés sur leur zone d’activité administrative. Il y aura lieu de définir avec elles les lieux souhaitables d’implantation de Maquis Bébés, en tenant compte par exemple des relevés épidémiologiques de malnutrition.

    Si le Maquis Bébé est reconnu comme une petite ‘‘structure de Santé Publique’’, il y aura lieu de définir le mode de collaboration avec la Santé, comme la possibilité de détacher périodiquement un agent de santé pour la pesée des enfants. Si le Maquis Bébé n’est considéré par les autorités de santé que comme un lieu de restauration, demander à ce que des animatrices soient autorisées à inscrire les poids sur le carnet de santé (Après formation à cette tâche).

    Les services sociaux seront également consultés, en particulier pour cibler au mieux les familles à risque majeur de malnutrition.

    Une copie des résultats des pesées devra être communiquée aux services de santé. 

    2.2          Emplacement du Maquis Bébé :

    Si des liens se tissent entre les Maquis Bébés et la Santé, ils peuvent être installés dans un lieu de Santé ou à proximité de celui-ci. Mais ils peuvent aussi être mis en place dans des lieux ne disposant pas de structure de santé et où les populations sont les plus nécessiteuses.

    En zone rurale, l’emplacement sera choisi de façon à ce que les parents et les animatrices aient un minimum de déplacement à faire (pour pouvoir fonctionner en période d'harmattan ou de pluies). Le Maquis Bébés peut y être installé sur le marché, dans un lieu associatif ou chez une des animatrices. L’accord de la chefferie est souhaitable et sera parfois indispensable au succès du Maquis Bébés.

    En ville, leur mise en œuvre peut aussi être utile : quartier urbain défavorisé, lieu de passage  ou de rassemblement : rue fréquentée, marché,  gare (mamans en voyage). Ou encore, installation d’un Maquis Bébés auprès de populations déplacées.

    Le nombre de séances par semaine et les horaires de fonctionnement devront en permettre la fréquentation par un maximum de mères.

    2.3          Constitution d’un groupe d’animatrices.

    C’est le point le plus déterminant pour le succès des Maquis Bébés car c’est sur ces femmes, mères d’enfants, issues de la communauté, que repose le fonctionnement de ces Maquis Bébés. Elles doivent donc être convaincues du bien fondé de leur message.

     Qu’elles soient déjà organisées en association ou simplement constituées en groupe informel, les quelques mères qui décident de mettre en œuvre un Maquis Bébés seront motivées par le souci de la santé des enfants de la communauté et prêtes à travailler bénévolement (éventuellement à tour de rôle si elles sont plusieurs à avoir été formées). 

    Quelques unes d’entre elles se formeront sur les bonnes pratiques de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et acquerront une formation leur permettant de gérer les activités du Maquis Bébés.

    Il est souhaitable qu’au moins une de ces femmes sache écrire et compter, de façon à pouvoir tenir un registre, peser et enregistrer le poids des enfants. Elle-même ou une autre devra être capable de gérer le stock de farine et de tenir la caisse.

    Les Maquis Bébés peuvent aussi être installés à l’initiative des productrices des Unités de Production Artisanale de farine Bamisa ou d’un Centre de santé.

    2.3.1          Tâches des animatrices :

    -    Préparer quotidiennement, avec l’aide des mamans présentes, de la bouillie BAMISA pour une ou quelques dizaines d’enfants et organiser la consommation sur place.

    -    Apprendre aux mères comment se prépare la bouillie BAMiSA de façon à ce qu’elles sachent aussi la préparer à domicile.

    -    Conseiller les mères sur les bonnes pratiques de l’alimentation.

    -    Organiser une fois par semaine ou une fois par mois, le suivi de la croissance des enfants, sous la responsabilité de l’infirmier. En l’absence de personnel de Santé, cette pesée peut être déléguée à une animatrice formée à cette tâche.

    -    Gérer le Maquis Bébés, en particulier financièrement.

    -    Éventuellement, vendre de la farine avec son malt. Du malt peut aussi être vendu séparément.

    2.3.2          Formation des animatrices :

    • Cette formation doit leur permettre de savoir transmettre, par la pratique, la façon de faire une bonne bouillie. Quelques séances de compagnonnage ou de formation leur permettront d’acquérir les gestes minimum pour faire passer ce message d’éducation nutritionnelle :

      -    Lavage des mains et du matériel de cuisine.

      -    La démonstration de la préparation de bouillie épaisse pour un ou quelques enfants, en respectant les proportions farine-eau (1-2).

      -    La démonstration de la liquéfaction de la bouillie (avec le malt ou une autre source d’amylase).

    • Une formation un peu plus poussée leur permettra :

      -    La tenue du registre où sont inscrits les noms, âges et poids des enfants.

      -    L’utilisation d’une balance et l’enregistrement de la date et du poids. La tenue du carnet de santé incombe au personnel de santé, sauf si celui-ci délègue le suivi du poids.

      -    De gérer les différentes activités du Maquis Bébés : le stock de farine, le matériel, la communication au sein du lieu d’activité, les différentes dépenses et la caisse.

    • Si possible, il faudra donner aux animatrices quelques notions de diététique leur permettant de mieux guider l’éducation nutritionnelle et de faire des animations autour de ces thèmes :

      -    L’importance de continuer et de compléter l’allaitement maternel après 6 mois

      -    Les différentes catégories qualitatives des nutriments (protéines, matières grasses, sucres, vitamines, minéraux, eau).

      -    Les besoins quantitatifs en rapport avec son âge et son poids, c'est-à-dire le nombre et le volume des repas.

      -    Les différentes catégories d’aliments et l’âge d’introduction.

      -    La nécessité et la façon de varier les repas de l’enfant et d’apporter des vitamines et des minéraux à partir des produits locaux (Bouillies additionnées de fruits ou de légumes, plat familial).

      -    La composition de la farine BAMiSA.

      -    Le mécanisme de transformation de l’amidon (solide et insoluble) en sucres (solubles et donc liquides) par les amylases.

      -    Et autres thèmes…

    La formation peut être donnée par une personne de l’UPA BAMiSA la plus proche, par le médecin ou l’infirmier associé au fonctionnement de ce Maquis Bébés, ou encore une animatrice compétente en ces domaines

    2.4  Acquisition de matériel

    Le matériel nécessaire étant très simple, tout ou partie de ce matériel peut être fourni (donné ou prêté) par la communauté où a lieu le Maquis Bébés.

    Parfois, il faudra le compléter ou l’acheter par un financement du projet.

    ■     Pour la préparation quotidienne et la distribution de la bouillie :

    -      De l’eau pour préparer la bouillie, du bois de chauffe, « un » ou « des » petits foyers mobiles.

    -      De l’eau pour le lavage les mains et ustensiles, au besoin javellisée.

    -      Une grande marmite pour la cuisson de la bouillie, un récipient pour délayer la farine dans l’eau, une louche (200 ml) ou une grande cuillère pour mélanger la bouillie et la distribuer.

    -      De quoi mesurer la farine et l’eau. Le sachet peut être utilisé en le remplissant d’eau deux fois au niveau où était la farine.

    -      Des bols et quelques cuillères si les mères n’apportent pas de récipient. (Un bol pourrait être donné à chaque mère qui fréquente régulièrement le maquis. A elle de le rapporter chaque matin, propre).

    -      Un stock de sachets BAMiSA dans un récipient avec couvercle, bien fermé.

    -      Une petite quantité supplémentaire de malt,  pour en expliquer la nature et pouvoir en donner aux mamans. Ainsi, elles pourront essayer le malt chez elles avec leur bouillie.

    -      Quelques sièges ou bancs pour que les mères puissent s’asseoir.

    ■        Pour la démonstration individuelle :

    -    Une petite marmite ou une casserole

    -    Un verre (100 ml) ou une tasse (100 ml) pour les mesures

    -    Un sachet de farine BAMiSA avec son malt

    ■        Pour le jour de la pesée des enfants :

    -    Une balance (qui peut être celle du lieu de santé)

    -    Un registre, des stylos

    -    Table, natte, parasol… 

    -    (Un grand « chemin de la santé » sur un panneau).

    2.5       Lieux d’approvisionnement en farine BAMiSA

    -    A partir d’une Unité de Production Artisanale

    La simplicité de mise en œuvre et de fonctionnement d’un Maquis Bébés permet une mise en route rapide. Ceci est d’autant plus facile que le Maquis bébés est à proximité d’une UPA BAMiSA. (Cf. site Bamisagora  Chapitre 2.a « Liste des UPA et GFC Bamisa »).

    -    A partir d’un Groupe de Fabrication Communautaire

    Si il n’y a pas possibilité de s’approvisionner en farine auprès d’une UPA BAMiSA, il est possible de concevoir des Maquis Bébés associé à une Fabrication Communautaire de farine BAMiSA. (Cf. site Bamisagora  Chapitre 3.d « Fabrication Communautaire et préparation à domicile»). Dans ce cas la mise en route d’un Maquis Bébés sera, bien sûr, plus longue.

    2.6  Fonctionnement

    Il semble nécessaire de demander aux mamans une participation au frais. En fonction des pays et des situations locales, la participation demandée peut être celle correspondant au prix d’une bouillie du marché (soit autour de 25 Fcfa). Il faut alors bien expliquer aux mamans que si la bouillie BAMiSA (200 ml) leur coûte le prix d’une bouillie traditionnelle (parfois moins de 200 ml), sur le plan nutritionnel, elle en vaut au moins trois.

    Lorsque les familles ne peuvent participer aux frais, il y a lieu de ne pas les pénaliser puisque une des fonctions du Maquis Bébés est d’éviter la survenue de malnutrition, la population la plus vulnérable étant la plus pauvre. Il y aura donc lieu de trouver des solutions permettant l’accès de la bouillie, aussi et prioritairement, à ces enfants. La contribution des services sociaux peut être précieuse.

    Pour que le maquis fonctionne et puisse être subventionné, les organisateurs devront veiller à ce que la gestion des stocks de farine, la gestion de la caisse et l’entretien du petit matériel soient faits de façon rigoureuse.

    2.7  Supervision

    La supervision a pour objectif d’évaluer l’impact des bouillies sur la prise de poids des enfants (aspect nutrition et Santé Publique) et de s’assurer du bon fonctionnement du Maquis Bébés (aspect social et travail des mères bénévoles). Une supervision sera faite après quelques mois de fonctionnement par le ou les responsables impliqués dans la mise  en œuvre du Maquis Bébés. (Service de santé, Association qui assure la tutelle financière)

    2.8  Financement

    En raison sa très forte teneur en farine, une bouillie BAMiSA distribuée dans un Maquis Bébés a un prix de revient trois à quatre fois plus élevé que celui d’une « bouillie du marché ». Les responsables du Maquis Bébés devront donc trouver des financements leur permettant d’équilibrer leur budget (partenaires associatifs ou institutionnels).

    La recherche de financements pour les Maquis Bébés fera valoir auprès des bailleurs le triple aspect du projet Maquis Bébés :

    -    action immédiate sur l’état nutritionnel des enfants,

    -    action à long terme, grâce à l’éducation nutritionnelle,

    -    participation à la vulgarisation d’un concept innovant et efficace (les amylases dans les bouillies épaisses) de lutte contre la malnutrition.

  3. Budget de mise en œuvre d’un Maquis Bébé BAMISA

    Le budget de mise en œuvre d’un maquis bébés doit rester très modeste. Il vaut mieux en effet multiplier les maquis et les faire fonctionner selon les conditions de vie ordinaire plutôt que de vouloir en faire des structures lourdes. La difficulté principale reste de trouver et faire parvenir de façon régulière des financements pour subventionner de façon prolongée l’achat de farine.

     Seront pris en compte pour établir un projet de financement :

    Le budget de formation

    - Déplacement des femmes sur les lieux de formation.

    - Indemnités aux formateurs.

    Le budget d’installation (investissements)

    - Equipement du lieu d’installation du Maquis Bébés.

    - Achat du matériel.

    Le budget de fonctionnement

    - Achat de la farine.

    - Frais de fonctionnement courant (Carburant si déplacement des animatrices, bois de chauffe…)

    - Une partie des frais de fonctionnement devrait être couverte par les recettes liées à la vente de la bouillie.

    Le budget de supervision

    - A évaluer en fonction de chaque projet.

   N.B. Les femmes bénévoles les plus impliquées peuvent souhaiter être ‘’encouragées’’ pour les activités liées aux Maquis Bébés. Les modalités de ces encouragements sont à définir au cas par cas. Une possibilité peut être, par exemple, qu’elles bénéficient d’un sachet de farine pour x séances de Maquis Bébés.

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Des Maquis Bébés existent depuis plusieurs années, notamment au Burkina Faso. Il serait utile d’en connaître de façon détaillée les modalités de fonctionnement de façon à en faire bénéficier les associations qui se lanceraient dans la mise en place de Maquis Bébés. Par ailleurs il serait souhaitable de pouvoir en mesurer l’efficacité en terme de Santé Publique. Un appel est lancé par l’APPB aux associations qui pratiquent ce mode de programme nutritionnel de façon à enrichir le site de leurs expériences.

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Témoignage

Témoignage, à la suite de la rencontre de Zoé avec les femmes du Maquis Bébés de Bougui, le jeudi 15 juillet 2010.

BOUGUI  : « Les femmes étant toutes aux champs nous avons pu rencontrer uniquement les deux femmes responsables de la préparation de la bouillie.

Elles ont pu observer les grands progrès des poids des bébés depuis que le maquis a été mis en place, il y a trois ans de cela.

Les enfants qui prennent (la bouillie) ont entre 6 et 24 mois.

Préparation tous les jours l'année et deux fois par semaine pendant l'hivernage.

Environ 25 enfants, le nombre d'enfants concernés a diminué car les petits ont grandi et maintenant les femmes font en sorte de plus espacer les naissances.
Réduction à 10 FCFA pour un bol de bouillie grâce aux étudiants d'Épernay. (…..) Il est possible que des difficultés organisationnelles diminuent la présence aux distributions.

Suivi des enfants grâce à la prise des poids et mesures mensuelles au dispensaire de Fada, difficultés pour récupérer ces données car les femmes ne sont pas là et les poids sont écrits sur des carnets gardés à la maison. Une possibilité, Simone passe chaque mois dans les maquis pour faire un relevé des poids sur les carnets (impossible en période d'hivernage car les femmes ne sont pas là).

Les femmes pratiquent l'allaitement +++ (sans) aucune utilisation de tisanes (ni) gavage depuis la disponibilité de la bouillie. Les femmes donnent en parallèle des plats familiaux aux enfants lorsqu'ils sont un peu plus grands.

Concernant le malt, les femmes l'utilisent très correctement. Je les ai donc félicitées, et j'ai réexpliqué l'importance de cette pratique et je les ai vivement encouragées à poursuivre.

Le maquis existe depuis environ 3 ans. »

Extrait du CR de mission au Burkina Faso de Zoé et Rémi, été 2010 pour l’APPB.

 

Dr François LAURENT pour le Projet BAMISA
E.mail : f.laurent76@free.fr

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11/04/2011